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Luc Richir

Dieu, le corps, le volume. Essai sur la sculpture

 
Collection Théorie

Paru en : mars 2003
Format : 180 x 230 mm
Pages : 296 pages
ISBN :  2-930174-29-3
11 ill. en n./b


Auteur(s) : Luc Richir

Luc Richir est psychanalyste et diplômé de l'Université de Paris XII. Il collabore à La  Part de l'Œil depuis sa fondation. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de poèmes, d’un récit (Un amour de loin, La Part de l'Œil, 1996) ainsi que d’une présentation de la vie et l’œuvre de la plus grande mystique du XIIIe siècle (Marguerite Porete, une âme au travail de l’Un, éditions Ousia, Bruxelles, 2002).

Les recherches de théorie de l’art concernant la sculpture sont très peu nombreuses pour ne pas dire presque inexistantes. C’est dire que le projet de Luc Richir est novateur et audacieux si pas intrépide. L’auteur du présent ouvrage a l’ambition de proposer une approche de ce qu’il appelle “le réel de la sculpture”, “son impossible”, “l’impasse faite sur l’unité du voir”. En effet, l’approche de la sculpture nous confronte à une perception décousue, à une vision éclatée, tout à l’inverse de l’approche de la peinture tant de fois analysée.

« Ce qui se manifeste dans la sculpture, c’est que l'infinité de ses aspects nous interdit toute vue globale de l’objet. On ne parvient jamais à voir toute une sculpture. En elle, quelque chose se dérobe, et pourtant rien n’y est à vrai dire invisible. Ce qui se dérobe, c’est la possibilité fantasmatique d’être Dieu, (modèle théologique du voir absolu, de la conscience transcendantale) – autrement dit d’abolir, le temps d’un regard, ce qui nous fonde à être en corps ».

Nous rencontrerons donc dans ce livre l’analyse des œuvres de Cellini et Giambologna qui contorsionnent la figure en variant les profils, du Bernin suggérant la présence d’un point de vue divin, de Rude et Rodin conformant la figure à une série de gestes qui suivent une logique narrative, un développement temporel. Mais l’analyse nous conduit également au seuil des réflexions théologiques lorsqu’elle démontre le rapport – toujours impensé – entre les théories esthétiques les plus courantes centrées sur la vision et la conscience transcendantale. Ici nous rencontrerons Nicolas de Cues, Jean Scot Erigène ou encore Giordano Bruno à l’origine de conceptions nouvelles de l’espace. C’est au rejet du corps par la philosophie que nous sommes renvoyés par la confrontation à la sculpture. C’est là sans doute l’origine des difficultés que semble éprouver depuis toujours la pensée de l’art pour approcher l’œuvre des sculpteurs qui occupe pourtant une large place dans l’histoire de l’art à l’égal de la peinture.

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